Faut-il miser sur les tontines ?

Initiative tirée des cultures locales, cette aide à l’investissement ne fait pas que des émules. Elle suscite des appréhensions de toutes parts.

Lancer son activité et prospérer dans son domaine n’est pas toujours chose aisée. Selon les statistiques de l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises, deux quart des PME créées décèdent dans les cinq années suivant leur création. Les raisons de ces déclins ne sont pas que d’ordre administratif. C’est en grande partie du fait de l’accès au financement. Les banques de la place indiquent pourtant qu’un bon business plan est un bon gage pour mener à bon port son idée d’affaires.

Ces dernières années, des chercheurs des universités camerounaises ont questionné l’opportunité de la tontine dans les mécanismes de financements des PME. Certains promoteurs localisés dans l’arrière pays ont développé « l’épargne de proximité ». Lors de ces tontines, les membres décident de cotiser pour pourvoir à l’initiative d’un des leurs. Le concept a même donné du grain à moudre à des établissements de microfinance de la place.

Cet investissement justifie d’ailleurs à suffisance la prolifération de ces EMF. Selon les statistiques disponibles, plus de 400 EMF quadrillent le triangle national. Bien qu’étant une alternative, cette tendance à la tontine suscite encore de nombreuses attentions. Car, en cas de besoin les promoteurs comme dans le système de la commande publique, préfèrent l’offre la moins distante.

Christian AMARAND

2019-06-03T16:47:56+00:00