Deuxième phase de la Vision 2035 : Le secteur privé joue gros

La deuxième phase du projet de l’horizon 2035 se trame depuis quelques semaines. L’Association des entrepreneurs du Cameroun (AEC), comme toutes les autres a été conviée à cette mobilisation. La leçon que nous avons tirée…

Par Lydie NTYAM NKOTO

Les consultations participatives ont débuté depuis quelques semaines par les pouvoirs publics au sujet de la planification de la deuxième phase de la Vision 2035. Le secteur privé qui a un rôle prépondérant n’est pas resté en marge de cette démarche que le ministère de l’Economie a entamé il y a un mois déjà. L’Association des entrepreneurs du Cameroun (AEC) a fait partie de ces consultations, lors d’une rencontre dans la capitale économique, elle a eu le privilège de poser les bases d’un décollage économique de notre pays. À l’occasion d’une audience que lui a accordée Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), l’AEC a insisté sur la place que doivent prendre les entreprises locales dans la marche de l’émergence. En outre, il a été question lors des échanges avec le ministre d’aborder la question de financement, notamment la mise en place d’un fonds de développement qui viendrait booster la petite entreprise et les start-ups. De soutenir ces promoteurs qui se comptent par dizaines de milliers.

Si depuis 2010, date à laquelle la première phase de la Vision 2035 a été mise en œuvre, le produit intérieur brut (PIB) a évolué, il reste de grandes réformes à apporter. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), notamment sur les Comptes nationaux, en 2013, le PIB affiche 15 981,3 milliards de Fcfa ; 17 276,3 milliards de Fcfa en 2014 ; 18 285,4 milliards de Fcfa en 2015 ; 19 344,8 milliards de Fcfa en 2016 ; 20 328,4 milliards de Fcfa en 2017 et 21 492,5 milliards de Fcfa en 2018.

Toutefois, l’implantation d’un grand projet agricole pourrait efficacement adresser les questions des importations des produits agricoles qui pèsent sur notre balance commerciale. En effet, bien que ces importations concernent aussi des produits manufacturés tels que les machines et les appareils mécaniques, les hydrocarbures, les machines et les appareils électriques, les véhicules automobiles et les tracteurs ainsi que les produits pharmaceutiques, il y a des efforts à faire. Pour preuve, dans la plus grande valeur de ces importations, l’on y retrouve des produits alimentaires dont le Cameroun présente pourtant un fort potentiel de production (riz, poisson, maïs, blé…).

Cette croissance qui peut être considérée comme louable est sans aucun doute la preuve de la résilience des acteurs économiques dont le secteur informel a pris part. En effet, cette deuxième phase de la Vision 2035 qui couvre la période 2020-2027, place le secteur privé au cœur de la croissance. Il faut désormais créer de la richesse pour lutter contre la pauvreté. Il s’agit donc, ni plus ni moins de travailler d’arrache-pied pour que tiennent les objectifs fixés par le gouvernement pour cette deuxième phase de la Vision 2035.

Dans cette démarche, le MINEPAT devra travailler à développer les nouvelles infrastructures, intensifier la mécanisation agricole et développer l’irrigation, intensifier la transformation industrielle de produits d’origine locale. D’autres part, il sera question de renforcer les capacités du système d’éducation, de formation et de recherche, accroître la part des exportations hors pétrole ou encore d’accélérer l’essor des marchés financiers. Le renforcement du développement des PMEs et PMIs, la préservation du cadre incitatif pour la création d’emplois décents et la densification des infrastructures sociales ne seront pas non plus en reste.

Dans ces chantiers que doivent instamment investir les pouvoirs publics, figurent en bonne place également l’élargissement du système de sécurité sociale, le renforcement des dispositifs de lutte contre l’exclusion sociale. Il s’agira aussi de mettre en œuvre une politique de développement urbain maîtrisé, notamment en relation aux aires métropolitaines, villes nouvelles, villes secondaires. De même que la complémentarité et la solidarité entre les grandes villes, les villes moyennes et les campagnes. Enfin, le renforcement des bases d’une territorialisation du développement et la consolidation de la gouvernance et le climat des affaires contribueront, certainement, si la feuille de route est respectée à des lendemains plus émergents.

2019-08-26T14:26:05+00:00